En moyenne, un patron de PME se suicide tous les deux jours, si l’on en croit l’Observatoire Amarok, créé en 2009 qui permet de suivre l’état de santé des dirigeants de PME, artisans, commerçants et professions libérales. Soutenu par Malakoff Médéric et une trentaine de fédérations patronales et syndicales – Medef, bâtiment, métallurgie, CGPME… –, Amarok veut jeter les bases d’un système préventif pour la santé au travail des dirigeants.

L’Observatoire Amarok a « ausculté » 1 000 patrons français à ce jour. Les premiers résultats montrent que les deux tiers d’entre eux travaillent plus de 50 heures par semaine. Ils font moins de sport que les salariés (deux fois de sport quotidien chez les dirigeants), ont un mauvais équilibre alimentaire (35 % des dirigeants contre 30 % des salariés) et dorment moins (30 minutes de différence avec les salariés).
Les dix principales sources de stress professionnel sont selon les patrons de PME : la surcharge de travail (92,8 %), la pression de la concurrence (84,6 %), la perte d’un client (68,8 %), une facture impayée (67,5 %), la chute des commandes (66,4 %), un conflit avec un client (66,4 %), un problème de qualité (64 %), un problème de trésorerie (63,4 %), la pression fiscale (60,6 %), un salarié absent (60,3 %). LES ECHOS page 26.
« Casques bleus » dans le Nord, « Point de rupture » dans la Vienne… La Fédération Française du Bâtiment (FFB) met en place des outils d’accompagnement, relève LES ECHOS. Dans la Vienne, six salariés de la FFB se sont ainsi formés à la détection des cas les plus aigus. Le dispositif comprend un site Internet, un numéro vert, des entretiens approfondis avec un consultant pour identifier la nature du mal être, des groupes d’analyse collective, animés par deux psychologues… Dans le Nord-Pas-de-Calais, les « Casques bleus » ont suivi 170 entreprises en 18 mois.
« Signaux d’alarme ». Pour Arnaud Le Gal des ECHOS (page 11), il faut « s’interroger sur les causes profondes » du burn-out des dirigeants de TPE-PME. Car au-delà du stress, de la situation économique, « il y a, plus profond, quelque chose de culturel. Entendre si souvent le mot de patron utilisé comme un repoussoir, synonyme potentiel de profiteur, fraudeur, voire harceleur, n’incite guère à partager ses éventuels tourments de dirigeant. Et comment ne pas évoquer la fracture avec des pouvoirs publics si prompts à traiter les entrepreneurs en adversaires plus qu’en usagers responsables ? Le pathétique épisode du projet d&rsquo ;amendem ent sur les dividendes écarté in extremis du PLFSS a rappelé qu’il y a loin de la coupe aux lèvres, entre les déclarations d’amour à l’entreprise de Manuel Valls et la défiance d’une partie des législateurs et de l’administration ».