Face au mécontentement de l’opinion vis-à-vis de la hausse des prix du carburant, Emmanuel Macron a évoqué l’idée d’une aide des employeurs pour soulager les salariés qui doivent prendre leur véhicule pour aller travailler. « Il faut qu’on soit dans un mode d’indemnités kilométriques. Il faut travailler avec les collectivités locales, les employeurs, intelligemment pour aider ces gens-là », a déclaré le Chef de l’Etat sur EUROPE 1.
« Un appel qui n’a pas rencontré un écho très favorable du côté des patrons, ceux-ci s’estimant déjà mis largement à contribution », relève LES ECHOS (page 2). « Nous sommes bien conscients des problèmes que peut poser la hausse des carburants pour les salariés en zones rurales notamment, mais il faut arrêter de considérer que les entreprises sont la réponse à tous les problèmes. Nous sommes totalement opposés à un nouveau prélèvement du type chèque transport », affirme Patrick Martin, le président délégué du Medef au quotidien.

Les entreprises de plus de 10 salariés financent en particulier le « versement transport », dont le taux varie localement afin de financer les transports en commun, rappelle LES ECHOS qui évalue ce versement à 7,5 milliards d’euros l’an dernier. En outre, les employeurs ont l’obligation de prendre en charge 50 % du prix de l’abonnement souscrit par les salariés pour prendre les transports en commun.

Au-delà de cette aide obligatoire, les employeurs, par accord d’entreprise ou accord de branche, ont aussi la possibilité de prendre en charge les frais de transport personnel de leurs salariés via des « primes carburant » ou de verser une indemnité kilométrique. Une exonération de charges est accordée dans la limite annuelle de 200 euros par salarié. Sans compter que les chefs d’entreprise sont eux-mêmes fortement impactés par le renchérissement des prix du carburant.
Et, souligne le quotidien, Les organisations patronales « n’ont surtout pas encore digéré la fin du taux réduit de TICPE accordé à certains secteurs industriels ».

Si l’exonération continue de bénéficier aux secteurs du transport routier, des taxis, ou encore au monde agricole, la mesure frappe de plein fouet les travaux publics. « Sur les 900 millions d’euros que va rapporter la mesure à l’État, au moins 500 millions (en coût direct) sont absorbés par ce secteur d’activité, qui peut difficilement reporter ce surcoût dans ses prix, leurs contrats étant conclus pour plusieurs années », précise LES ECHOS.