Alors que les rues ont renoué avec l’animation des terrasses, les restaurateurs espèrent sauver leur saison. Certains indicateurs conjoncturels confortent leurs espoirs et laissent entrevoir un rapide rebond de l’économie. Toutefois, plusieurs indices incitent à la prudence.

La demande est là, car il y a une très forte attente à la fois des salariés et des entreprises, mais aussi une très forte attente des clients, et nous sommes assez optimistes sur la réussite du déconfinement et le redémarrage de nombreuses activités.

Surtout, il n’y aura pas de mur de faillites en 2021, ni en 2022. Il y aura certes des entreprises qui vont déposer le bilan, mais il n’y aura pas des dizaines de milliers de faillites aux mois de septembre et octobre, comme certains le prédisent.

Mais certains secteurs de l’économie présentielle ne retrouveront pas tout de suite leur niveau d’activité d’avant Covid.

  • Les secteurs dépendants du tourisme risquent en effet de pâtir pendant plusieurs mois de la baisse du tourisme international.
  • Les secteurs qui nécessitent de longs mois pour organiser des événements (spectacles, salons professionnels, etc.) n’auront également pas repris pleinement leur activité dès cet été.
  • On ne sait pas non plus si les gens vont retourner immédiatement dans les salles de spectacles.

C’est pourquoi le soutien économique doit être adapté pour accompagner les entreprises dans leur reprise, en fonction des différents secteurs. Ce serait dommage d’avoir fait tous ces efforts pour garder les entreprises en vie, si c’est pour les achever à la fin.

Il faut donc proportionner la baisse des mesures de compensation à l’évolution des mesures de restriction. C’est pour cela que nous avons insisté auprès du gouvernement que les mesures de compensations soient retirées progressivement.

Cela permet d’ouvrir en mai, en juin, en juillet, avec un chiffre d’affaires qui est plus bas que la normale sans pour autant perdre d’argent.

Enfin, il faudra que la reprise soit durable. Pour cela, nous attendons du gouvernement qu’il donne des signaux de confiance aux acteurs économiques, ménages et entreprises. Plus que jamais, nous aurons besoin de stabilité dans les mois à venir.

[Sur un éventuel 2e plan de relance] Le plan de relance fonctionne plutôt bien dans l’industrie. La mécanique est lancée même s’il y a encore quelques points à améliorer pour que cela avance plus vite.

Nous pensons qu’il faut compléter par un plan de transformation pour les secteurs qui vont subir des transformations massives, digitales ou environnementales, comme le tourisme, l’hôtellerie restauration, le commerce. Ce n’est pas de la subvention, c’est du co-invetissement.

 De plus, le projet de loi climat et résilience va fortement alourdir les obligations d’accélérer sur les transitions et ces investissements ne rapportent pas à l’entreprise. Il faut donc accompagner cette transition.

Il y aura également des besoins dans le domaine de la numérisation des entreprises et de la formation.