Discours introductif de Samuel Hervé, Président du Medef Hérault Montpellier à l’occasion de la visite de Jacques Witkowski, Monsieur le Préfet de l’Hérault, lors du Conseil d’Administration du Medef à Montpellier le 9 décembre 2019.

« M Le Préfet,

Ravi de votre venue

  1. Parce que c’est une première
  2. Parce que entre l’état et les entreprises, c’est une relation spéciale, une histoire d’amour mouvementée et parfois contrariée…

Si je parle d’amour, ce n’est pas un hasard, vous avez en effet M. le préfet déclaré votre flamme aux entreprises de ce territoire lors de l’AG de la CCI de l’Hérault du 27 novembre dernier. En prenant soin de préciser que vous aimiez les entreprises non pas par amour de l’entrepreneuriat mais plus prosaïquement pour leurs capacités contributives à la richesse de notre territoire. Cela tombe plutôt bien, c’est assurément déjà une de nos convergences de vue.

Quand j’évoquais une histoire d’amour mouvementée c’est aussi parce que le mouvement est une des marques de fabrique de notre gouvernement actuel. Un mouvement permanent qui porte son train de réformes mené tambour battant. C’est sans doute là un point sur lequel nous devons nous entendre. En effet, certaines des réformes engagées vont assurément dans le bon sens (ordonnance Macron, loi avenir professionnel, loi Pacte, loi ESSOC à venir, réforme de l’assurance chômage, je me garderai pour l’instant d’évoquer la réforme des retraites.).

En revanche, je vous avoue mon inquiétude sur le rythme de ces réformes. Il n’a jamais été aussi intense. Rappelons que si le MEDEF est la première organisation patronale de France, il ne le doit pas qu’à ses adhérents issus des rangs du CAC 40 mais bien aussi à la multitude de TPE/PME qui gonflent ses rangs. Et ce sont ces patrons de TPE/PME, déjà hommes orchestres de leur entreprise, bien souvent eux-mêmes opérationnels, oui ce sont ces dirigeants qui doivent intégrer tous les enjeux de ces réformes, tout en prenant la mesure de la transformation numérique, de la transition écologique et du changement de la population active dans son rapport au travail… Alors, comprenons et admettons que si les services de l’Etat se doivent de faire appliquer la loi, ils doivent mener cette mission avec discernement, en faisant preuve de pédagogie et de bienveillance. Il faut davantage accompagner ces dirigeants de TPE PME qui composent notre territoire et qui créent des emplois.

C’est sans doute ce que vous nous direz à propos de la loi ESSOC. Loi pour un. État au service d’une société de confiance.

SOCIÉTÉ de confiance, c’est une société de droit, phrase Lacordaire fort et faible. Nous savons que le droit du travail est bâti pour protéger le faible qui serait le salarié et le fort qui serait le patron, « méchant » par nature. Les ordonnances Macron ont essayé de rééquilibrer cette vision manichéenne, on ne peut que regretter l’opposition des syndicats de salariés et de certains représentants de la justice a l’application de la loi.

Mais puisque nous parlons de droit, j’aimerais souligner que si la liberté de manifester est une liberté constitutionnelle, la liberté d’entreprendre est également un pilier de notre République et à ce titre l’Etat doit la faire respecter. Il n’est pas acceptable que quelques personnes isolées puissent prendre en otage les entreprises, mettant pour certaines la pérennité de leurs activités et donc les emplois qui vont avec.

Autre sujet sur lequel nous espérons votre appui : notre relation avec l’éducation nationale : aidez-nous à faire passer nos messages dans ce bastion de la république. Cette fonction régalienne doit permettre l’émancipation de chacun sans exclusive ni idée partisane. Or nous avons encore trop de difficultés à faire passer nos messages sur la beauté des parcours entrepreneuriaux, sur la fierté d’avoir un métier en main, sur les parcours de nos collaborateurs, jalonnés d’évolution professionnelle et d’épanouissement personnel. Le regard porté sur l’entreprise doit changer. Nous aspirons ainsi à ce que les chefs d’établissement scolaire puissent être reçus en stage chez nos adhérents pour qu’ils soient les premiers ambassadeurs d’une authentique relation de confiance entre les entreprises et l’Éducation nationale.

Vous le constatez, la liste des chantiers est longue et le travail n’est pas encore achevé.

Mais au sein de Medef Hérault MONTPELLIER et des administrateurs qui le composent, le travail ne nous fait pas peur, nous saurons prendre nos responsabilités, nous ne nous cacherons pas derrière telle ou telle difficulté pour ne pas assumer nos engagements, au premier rang desquels figurent la création d’emploi ainsi que la création et le juste partage de la valeur.

La simplification administrative est censée être en marche, la confiance en l’entrepreneur est posée par ce gouvernement, des signaux positifs nous sont donnés. Il reste encore à le traduire dans les faits dans notre relation du quotidien avec l’État et ses services.

Mais soyez assurés d’une chose. Faites confiance aux chefs d’entreprise et simplifiez leur la vie et je vous garantis Monsieur le Préfet qu’en retour, Vous pourrez compter sur nous pour jouer notre partition, la plus responsable possible, dans un souci de préservation de nos grands équilibres républicains et de création de valeur partagée ! »

Samuel Hervé, Président du Medef Hérault Montpellier